Demoiselle de Louison


Les « demoiselles de Louison », par leur forme et leur emplacement visible dans les clochers-murs, sont le surnom de l'emblème de la production des célèbres fondeurs toulousains (voir leur généalogie). Il est vrai que ce siècle fait la part belle à la beauté féminine, immortalisée à leur manière par le peintre Henri de Toulouse-Lautrec et le Pont des Demoiselles.

Voici une première et incomplète liste des réalisations de cette maison sur un peu plus d'un siècle, élaborée avec l'association Carillons en pays d'Oc. Nous espérons l'augmenter avec votre aide.

Volées tournantes reconstituées avec la doyenne des cloches de Saint-Sernin :

Volée tournante, classique, avant Louison

Volée tournante Louison : il a l'idée d'abaisser l'axe de rotation de la cloche, économisant ainsi sur la masse du joug en contrepoids et obtient une sonnerie plus fluide et une jolie silhouette : la demoiselle de Louison (ci-contre, à droite)

Davantage de vidéos : compilation de volées tournantes du Toulousain

« Les innovations tendant à ce que les cloches rendent un son plus plein, ou qu’on puisse plus facilement les sonner, peuvent être admises par les Ordinaires après avoir entendu l’avis d’experts. » (Pie XII, motu proprio De musica sacra , 3 septembre 1958)
En creux, on peut lire que l'innovation connue sous le nom de fausse volée, là où les cloches peuvent être mises en mouvement, n'est pas admise par l'Eglise.


Auparavant : quelques cloches des fondeurs précédents


  1. Signature Louison à Portet-sur-Garonne Jean-Louis Louison (1803-1866, activité 1824-1866)

    31 - Portet-sur-Garonne Signature de 1844 à Portet-sur-Garonne
    PAR LOUISON
    A TOULOUSE

    Sur le plan de la ville de 1847, le domicile du fondeur figure au tiers gauche de l'allée Lafayette (allées Jean-Jaurès actuelles, entre les rues Héliot et Caffarelli). Sur une facture de 1865, l'adresse est précisée : allée Louis-Napoléon, n°23.

    Cloches Louison à dater

    Signature de Jean-Louis Louison en 1828

    Cloches dites de Louison mais antérieures à son début d'activité

    Quelques cloches d'autres fondeurs régionaux contemporains


    Brevet d'invention de 15 ans déposé le 26 août 1850
    par le sieur Jean-Louis Louison, Toulouse, allée Lafayette, n°23
    pour un genre de cloche dite cloche à collet et à battant flexible

    Description d'une Cloche, de son Battan, et de sa monture de L'Invention de Perfectionnement de Sieur Louison Jn Louis fondeur et Marchand de Cloches Domicilié a Toulouse allée Lafayette 23.

    Titre sommaire. Cloche a collet et a Battan flexible

    1° a la place des anses qui couronnent ordinairement la cloche, celle cy se termine par un collet creux dont le ventre (?) communique avec l'intérieur de la cloche, ce collet est surmonté d'un plateau rond entouré de six ou de huit troux destinés a recevoir des boulons pour l'assujetir a la monture

    2° la monture se compose de cinq pièces principales a savoir 1° L'essieu ou arc de suspension en fer tel qu'il est décrit au plan fig. 4me et 5me ainsi qu'aux coupes. 2° d'un vase en fonte destiné a contrebalancer le poids de la cloche, et a recevoir deux vis près de son ouverture diamétralement oposée Destinées a régularisér les coups de battan. 3° d'une partie en fer ou en fonte faisant fonction de Leviér pour faire aller la cloche a la vollée. 4° du Tampon du vase. 5° du battant fléxible Ce Battant tel qu'il est décrit 1re et 3me se suspend au Centre du Collet de la cloche à l'aide du boulon T. Le Dessus de la douille ou passe le boulon T qui le retient se compose d'une Lame d'acier destinée a venir battre sur les Vis O, avant que la partie inferieure du Battant ait touché a la cloche, ce qui procure un Coup Sec et Relevé, que lon modere tant qu'on veut en serrant les deux vis O. Ainsi par ce moyen les fabriques qui ont des Carrillonneurs imprudents ou mal adroits pourront à laide des deux vis éviter la Rupture de leur Cloche.

      La Cloche, l'essieu et le vase qui domine le tout, sont ajustés l'un sur l'autre, et fortement réunis ensemble a l'aide des six ou huit boulons représenté au plan figure 1re et 2me par S.

      Toulouse le 25 août 1850, Louison.

    Brevet Louison 1850 : Cloche à collet et à battant flexible

    Le système de cloche inventé dispose donc d’un vase en fonte, faisant office de contrepoids et abritant deux vis qui servent de butée réglable au battant ; en effet, les anses sont supprimées et le battant se prolonge au-dessus de la cloche dans le vase, à travers un collet. Il doit éviter au battant de rompre la cloche, lors de sonneries excessives de « carillonneurs imprudents » et s’adresse aux fabriciens.

  2. Nicolas (et Joséphine) Pèlegrin (ou Pellegrin), GENDRE SUCCESSEUR (1820-1871 et 1828-1891 à Toulouse, activité : 1860~1877)

    31 - Toulouse Saint-Sylve Cartouche de 1868 à Saint-Sylve de Toulouse
    PELEGRIN GENDRE LOUISON
    FONDEUR A TOULOUSE

  3. Pèlegrin et Lévêque (1867, puis 1874~1876)
  4. Amans Lévêque, GENDRE SUCCESSEUR, FONDERIE LEVEQUE (1849-1907, activité : 1871~1904)

    Cartouche Amans Lévêque à Saint-Exupère de Toulouse 31 - Toulouse Saint-Exupère Cartouche de 1877 à Saint-Exupère de Toulouse
    FONDERIE LOUISON
    LEVEQUE AMANS GENDRE SUCCESSEUR
    TOULOUSE

    Amans Lévêque, fondeur de cloches de 23 ans, épouse en 1872 Anne Pèlegrin, fille de Nicolas et Joséphine Pèlegrin (soit un an après le décès de son père).

    31 - Toulouse Saint-François-d'Assise

    Cloches non datées, ou sans date

  5. Vinel père (ou P. ?, 1880~1908)
  6. Vinel père et fils (1886~1896)
  7. P. Vinel (1898~1903)
  8. J. Vinel (1903)
  9. VINEL FRERES, J. et Amédée (1908~1929)

    31 - Toulouse Saint-Sylve

    Plaque de la fonderie Amédée Vinel, Musée campanaire, Isle-Jourdain (32)
  10. Amédée Vinel, 22 rue Sainte-Jeanne ou 5 côte Pavée (1901~1953)

    L'atelier se trouvait au 11 bis, chemin Lapujade à Bonnefoy, tout contre la gare Raynal. Cet emplacement, ainsi que d'autres numéros contigus de ce chemin, n'existent plus, sans doute du fait de l'extension de la gare.

Extrait de la plaquette publicitaire de la
« Grande Fonderie Spéciale de Cloches »

Les Cloches, Bourdons, Carillons, etc., sortis de ma maison et fondus par moi-même, ont donné partout sastisfaction et reçus les éloges les plus flatteurs, pour l'ampleur de leur sonorité, pour le cachet donné à leur forme, pour la perfection, la netteté des inscriptions et ornementations, pour le choix du bronze, composé exclusivement de cuivre et d'étain de 1re qualité, pour la durée des vibrations, par la solidité à toute épreuve et absolument garantie pendant DIX ANS.

Ce travail chronologique a été rendu possible grâce aux données des associations Carillons en Pays d'Oc et SFC.