Notre-Dame-du-Taur en 2007 Notre-Dame-du-Taur
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L’église est un lieu fondateur du christianisme toulousain. En effet, la tradition la donne comme étant le premier lieu de sépulture de Saturnin (déformé en Sernin), premier évêque et martyr de Toulouse, traîné par un taureau, qui donne alors son premier nom connu à l’église : Eglise du Taur.

Son clocher-mur, contruit avec l’église au XIVe siècle, rappelle par son architecture en briques, avec des ouvertures mitrées et géminées, celui de Saint-Sernin de section octogonale. Tout comme sa voisine, cette église a été le modèle à la fois spirituel et architectural pour beaucoup d’autres églises à clocher-mur, notamment dans le Lauragais. Cette zone d’influence architecturale semble s’étendre à l’Occitanie au sens large, mais ses contours restent à déterminer.

Le clocher était surmonté d’une croix qui culminait à 42 m, attestée sur une photo prise en mai 1968. La balustrade du deuxième étage n'était alors pas ajourée en créneaux. Le clocher est percé de six ouvertures, nommées par la tradition lauragaise orale « ouille ».

Grosse cloche du Taur

Toutes les cloches sont sur le même niveau. Seul le bourdon est équipé pour la volée automatique, mais prévu pour sonner en volée tournante, la demoiselle de Louison a été mutilée pour faire une volée balançant en mode rétrograde.

Carillon du Taur

Vue en coupe du clocher Vue en coupe du clocher


Légende du tableau :

n° = numéro des cloches ;
M = électrification au marteau à l'intérieur (i) ou à l'extérieur (e) de la cloche ;
B = battant présent ou non.

note M B Inscriptions
1 fa3 e x ☞ SANCTA MARIA DEI GENITRIX VIRGO ORA PRO NOBIS JE M APPELLE CLOTILDE
☞ J AI EU POUR PARRAIN M LEONCE VIDAL ET POUR MARRAINE MME MARIE VIDAL NEE POMES M COUREAU ETAIT CURE DU TAUR 1893
bas : LEVEQUE AMANS FONDEUR A TOULOUSE
joug : croix
2 sol3 e x ☞ SANCTE JOSEPH UNIVERSALIS ECCLESIÆ PATRONE ORA PRO NOBIS JE M APPELLE EMILIE EUGENIE
☞ J AI ETE DONNEE PAR LA FAMILLE DE ST GERMAIN
☞ J AI EU POUR PARRAIN MR ROBERT DE SERRES ET POUR MARRAINE MME CLEMENTINE DE SERRES NEE DE ST GERMAIN MR COUREAU ETAIT CURE DU TAUR
bas : LEVEQUE AMANS FONDEUR A TOULOUSE 1893
3 la3 e   ☞ SANCTE SATURNINE FIDEI PATER ET CUSTOS ORA PRO NOBIS
☞ JE M APPELLE ANNE JUSTINE J AI ETE DONNEE PAR MR LE CURE COUREAU
☞ J AI EU POUR PARRAIN PAUL BEPMALE ET POUR MARRAINE MLLE ANAIS COUREAU
bas : 1893
LEVEQUE AMANS FONDEUR A TOULOUSE
4 si3 i x ☞ COR JESU SACRATISSIMUM MISERERE NOBIS JE M APPELLE JEANNE FRANCOISE
☞ J AI ETE DONNEE PAR MME VVE ALIBERT NEE BARRIE J AI EU POUR PARRAIN M CHARLES SACAZE
☞ ET POUR MARRAINE MME JEANNE FRANCOISE ALIBERT M COUREAU ETAIT CURE DU TAUR
bas : LEVEQUE AMANS FONDEUR A TOULOUSE 1893
5 do4 i x ☞ ADOREMUS IN ÆTERNUM SANCTISSIMUM SACRAMENTUM JE M APPELLE AMELIE
☞ J AI ETE DONNEE PAR LA CONFRERIE DU ST SACREMENT J AI EU POUR PARRAIN M JOSEPH DE CATALA DE BRUZAUD
☞ ET POUR MARRAINE ME (sic) AMELIE SACAZE NEE MONNET M COUREAU ETAIT CURE DU TAUR
bas : LEVEQUE AMANS FONDEUR A TOULOUSE 1893
6 4 i x ☞ SANCTA GERMANA ORA PRO NOBIS JE M APPELLE GABRIELLE
☞ J AI EU POUR PARRAIN M EMMANUEL DAGUILHON PUJOL
☞ ET POUR MARRAINE MME GABRIELLE DAGUILHON PUJOL NEE PREVOST
☞ M COUREAU ETAIT CURE DU TAUR
bas : LEVEQUE AMANS FONDEUR A TOULOUSE 1893
battant : KP13 / 3909 4 / 09 99
7 mi4 e   Sculpture du Christ des douleurs à Beaumont-sur-Lèze (31) Bas-relief de la Passion à Cazères (31) Bas-relief de la Passion Bas-relief de la Vierge à l'Enfant * IHDS: ** MARIA % GRACIA: PLENA +

Vraisemblablement du XVe siècle.
* Vierge à l'Enfant — IHDS pour Jesus hominum Dominus salvator
** Christ entouré des instruments de la Passion
8 fa4 e x ☞ SANCTE JOANNES BAPTISTA PRIECURSOR DOMINI O P N JE M APPELLE ANGELE JULIETTE LOUISE
☞ J AI ETE DONNEE PAR LES FAMILLES FEUGA ET MAURY
☞ J AI EU POUR PARRAIN M JULES MAURY ET POUR MARRAINE ANGELE MAURY NEE FEUGA
☞ M COUREAU ETAIT CURE DU TAUR 1893
bas : FONDERIE LOUISON
LEVEQUE AMANS GENDRE SUCCESSEUR
TOULOUSE
battant : P48 / 3909 5 / 09 99
9 fa#4 e   ☞ IN HONOREM SANCTE SATURNINI ET SANCTORUM PUELLORUM
☞ EX ANIME CORPUS SANCTE SATURNINI AD HUNC LOCUM TAURO FURENTE
☞ PERDUCTUM DUÆ MULIERCULÆ CONDIDERUNT ANNO 1897 PAROCCHO D COURAU (sic)
bas : FONDERIE LOUISON
LEVEQUE AMANS GENDRE SUCCESSEUR
TOULOUSE
10 sol4 e x ☞ SANCTA ANNA ORA PRO NOBIS JE M APPELLE LOUISE
☞ J AI ETE DONNEE PAR LA CONFRERIE DE STE ANNE
☞ J AI EU POUR ARRAIN (sic) M BERTRAND BOUSQUET
☞ ET POUR MARRAINE MLLE LAURE BARTHAS
☞ M COUREAR (sic) ETAIT CURE DU TAUR 1893
bas : FONDERIE LOUISON
LEVEQUE AMANS GENDRE SUC (reste écrasé par le marteau)
TOULOUSE
11 la4 e x ☞ SANCTE VINCENTI ORA PRO NOBIS JE M APPELLE MARIE ANTOINETTE
☞ J AI EU POUR PARRAIN M JEAN BENEZET
☞ ET POUR MARRAINE MARIE AMELIE REMAURY
☞ M COUREAU ETAIT CURE DU TAUR 1893
bas : FONDERIE LOUISON
LEVEQUE AMANS GENDRE SUCCESSEUR
TOULOUSE
12 si4 e x ☞ SANCTE GEORGI ORA PRO NOBIS
☞ JE M APPELLE ANAIS ADELAIDE
☞ J AI EU POUR PARRAIN MAURICE GALLI
☞ ET POUR MARRAINE MADELEINE LAFITTE
☞ M COUREAU ETAIT CURE DU TAUR 1893
bas : FONDERIE LOUISON
LEVEQUE AMANS GENDRE SUCCESSEUR
TOULOUSE
13 do5 e x ☞ IN HONOREM SANCTORUM ANGELORUM EX DONO D COURAU (sic)
☞ PAROCHO D° COURAU (sic) • VICARIO D° GOUAZE
bas : FONDERIE LOUISON
LEVEQUE AMANS GENDRE SUCCESSEUR
TOULOUSE
14 sol#5   x cloche de sacristie manuelle

Comme cela est dit plus haut, le carillonneur sonnait depuis son banc situé dans le réduit au-dessous des cloches ; les renvois aux cloches n'existent plus, le clavier est déposé, le pédalier est retourné dessus...

Les battants des cloches n°2, 4, 5, 6 et 8 ont été fournis en septembre 1999 pour un concert exceptionnel.

Vitrail de l'église Sainte-Germaine de Toulouse, détail : monogramme de Marie

Un mi de 1645 supprimé en 1893

ME • SIMON • DE • PEYRONNET • PRESTRE • ET • RECTEVR • DU (sic) • TAVR • M E • PIERRE • DE • PAILHES • ADVOCAT • ME • PIERRE•
DV• ROCHER • ADVOCAT • ME • GVILHAVME • DVFAUR (sic) • PROCVREVR • BAILES • ET • PARRAINS • DE • L'ŒVVRE • DAMOISELLE•
SVSANNE • DV • PVGET • MARRAINE • 1645

Jeanne-Marie, fondue en 1748 par Amiel (inscrit sur la gorge) et supprimée en 1893

ieanne marie a ete faite l'an 1748 estant cvre m iean aelme (sic) gillet
et m de lacase de rocher brvne cr m trville bailes de l'oeuvre (sic) m pontie avt


Dans l'entrée Nord, deux plaques funéraires en marbre commémorent le décès de deux anciens curés : Guillaume Peres, mort en 1669 à 69 ans, et Pierre de Rességuier, mort en 1721 à 68 ans, curé pendant 38 ans.

HIC IACET 
GVILLELMVS 
PERES PRESBI
TER HVIVS 
ECCLESIÆ ~ 
CVI DET DEVS 
REQVIEM 
SEMPITERNAM 
OBIIT 
ÆTATIS 
SVÆ 69 ANNO 
1669
Ci-gît
Guillaume
Pérès prêtre
de cette 
église ~
à qui Dieu a accordé
le repos
éternel.
Il mourut
à l'âge
de 69 ans l'année
1669

 

HIC SEPELIRI VOLVIT 
HVMILIS DOMIN MAGIST PETRVS 
DE RESSEGUIER 
PRESBIT DOCTOR THEOLOGVS 
PATER PAVPERVM 
ZELATOR ANIMARVM 
PASTOR UIGILANTISSIMVS 
ET DECORIS HVIVS TEMPLI RESTAVRATOR 
QVI PER TRIGINTA OCTO ANNOS 
IN ISTA PARRŒCIA PRŒ FVIT 
ET ILLI PROH DOLOR DEFFVIT 
DIE 25. OCTOBRIS ANNI 1721 
ÆTATIS SVÆ 68 ANNOR 
R. I. P. A.
Ici voulut être enterré 
l'humble serviteur du Seigneur Pierre 
de Rességuier
prêtre docteur théologien
père des pauvres
zélateur des âmes
pasteur très vigilant
et restaurateur du décor de cette église
qui pendant 38 ans
fut curé de cette paroisse
et mourut
le 25e jour d’octobre de l'an 1721
âgé de 68 ans.
Qu’il repose en paix. Amen.

Raymond Rey distingue, en 1929, deux périodes de construction de l'édifice. Au XIVe siècle, la façade et les trois travées de la nef, correspondant à la disposition ancienne du martyrium élevé sur l'emplacement du tombeau de saint Saturnin (le chœur actuel). A la fin de ce siècle, à la faveur de l'arrivée à Toulouse du Saint Suaire de Cadouin (voir ci-après), monastère cistercien en Périgord, la nef est alors agrandie vers l'Est, les deux dernières travées sont élargies et amplifiées par des chapelles latérales rectangulaires, tout comme le chevet avec deux chapelles pentagonales flanquées chacunes d'une annexe, et séparées par une absidiole carrée, dont la clef de voûte représente les armes de l'Abbé de Cadouin, d'azur à trois fleurs de lis d'argent timbré de la crosse abbatiale, sans doute à l'origine de ces transformations. Le maître-autel est alors transformé en calvaire.

Au XVIIe siècle, les murs sont recouverts de boiseries, on installe un banc d'œuvre monumental de part et d'autre de la nef, on reconstruit les stalles des Cisterciens (bien qu'inutilisées depuis longtemps), on refait la voûte surplombant l'emplacement de la première sépulture de saint Saturnin, derrière l'autel de paroisse. En 1627, la confrérie Sainte-Anne fait exécuter par Arthur Legoust un retable en bois de tilleul de style baroque, dont il nous reste peut-être le groupe sculpté en bois doré représentant l'éducation de la Vierge par sainte Anne.

Le crucifix des fonts baptismaux et la Vierge noire proviennent de l'oratoire de la Délivrance, édifié en 1562 sur la porte Villeneuve, murée après le passage des Protestants toulousains défaits. Ils ont été translatés après la démolition de la porte en 1783. Le crucifix a d'abord coiffé le calvaire au maître-autel.

En 1872, à cause des dégâts causés par l'humidité, les boiseries des murs furent arrachées et dévoilèrent les restes d'une peinture du XIVe siècle, représentant la généalogie de Jacob aboutissant à Jésus-Christ (Mt I 1-16), dont il reste 28 figures réparties sur deux registres. Le bel autel de marbre, qui provenait de la chapelle des Pénitents gris voisine démolie, fut remplacé et vendu à la paroisse de Lux (près de Villefranche-de-Lauragais), le retable déplacé en 1875 et la chapelle axiale agrandie au fond, alignée sur ses voisines. L'orgue est réalisé par Théodore Puget entre 1878 et 1880 (il est classé Monument historique depuis 1987, rénové en 1992 puis 2017). Vers 1890, Bernard Bénézet (1835-1897) exécute les peintures murales.

En 1964, le chanoine Thiriet (1906-1977) fait murer la chapelle axiale pour y placer la Vierge noire.

Dans la sacristie, des vitraux ont été fournis par la fabrique de porcelaine de Valentine.

En 1970, tout le chœur est remanié, et un nouvel autel fabriqué par la marbrerie Trinqué, tourné vers le peuple dans l'esprit de la réforme Vatican II, est consacré le 22 novembre 1970 par le cardinal Jean Guyot. Il abrite à son tour les reliques de saint Saturnin, saint Florian et saint Quentin.


En 1392, à cause de la guerre de Cent Ans, l'Abbé de Cadouin Bertrand Desmoulins (ou De Molinis, abbé jusqu'en 1404) élit domicile à proximité de l'église du Taur avec une poignée de ses moines, rue Sénéchal, pour y garder dans un coffre la relique dont ils ont la charge : on l'appelait la Maison du Suaire. C'est le 28 octobre 1392 que l'archevêque de Toulouse, entouré de neuf évêques, conduit la procession solennelle. Le Suaire est d'abord exposé à l'église Saint-Roch des moines franciscains (les Minimes, église aujourd'hui dédiée à Saint-François de-Paule), puis à l'église du Taur. On exposait la relique trois fois l'an aux fidèles : en 1875, en déplaçant le rétable derrière le maître-autel, on a dégagé une profonde armoire pouvant accueillir une châsse ou un reliquaire, au-dessus d'un corridor qui permettait aux fidèles de passer à genoux, selon les habitudes du Moyen Age.

La guerre de Cent Ans s'éternisant, les moines décident de s'établir durablement près du collège St-Bernard, fondé en 1281 par les Cisterciens de Grandselve (aujourd'hui Ecole Ste-Marie-de-Nevers), situé derrière le chevet de St-Sernin. Ils obtiennent l'accord de l'abbé Pierre de Vitalis et des chanoines réguliers de St-Sernin, enregistré le 12 avril 1396, d'établir une église, un cloître, un dortoir, un cimetière, ainsi que tous les autres lieux nécessaires à la vie monastique. Ils achètent l'hôtel d'Escalquens, dans le même moulon que le collège, entre les rues de Pouzonville et des Tres Bents (aujourd'hui rue Merly), où la Maison et le Suaire se déplacent le 3 septembre 1396.

L'Abbé fait fondre l'année suivante une cloche de belle taille qu'il finance (aujourd'hui à l'église St-Nicolas, sonnant mib4 au diapason actuel à 440 Hz, sur un profil lourd) pour orner la nouvelle chapelle du Suaire, située à l'angle de la place (alors St-Bernard, aujourd'hui St-Sernin) et de la rue des Tres Bents (rue Merly, en face de l'actuelle Bourse du Travail).

En 1399, la relique est envoyée au roi Charles VI pour tenter de le guérir. Elle est volée en janvier 1402 par deux des moines cisterciens pour le Seigneur de Caraman (le schisme et le parti anglais scindaient aussi la communauté). Jacques de Lanis, abbé depuis 1414, a le projet de déplacer la relique de la chapelle (dite Eglise du Suaire) à l'hôtel d'Escalquens. Davantage que pour sa sécurité, c'est sans doute pour organiser son prochain enlèvement, puisque l'abbaye de St-Sernin rechigne et s'oppose à ce déplacement malgré l'accord initial, en appelant même à Rome en 1425. L'abbé de Cadouin cherche appui auprès du Chapitre général en 1430 et fait déplacer le Suaire dans une pièce de l'hôtel aménagée en oratoire public, bravant l'interdiction des chanoines qui intentent un procès en 1431. L'abbé de Lanis est remplacé.

En 1453 est signé le traité qui donne définitivement la Guyenne à la France, l'abbé de Lanis est réélu, mais ce n'est qu'en 1455, soit 63 ans après son exil, que les moines parviennent à récupérer le Suaire en usant de stratagèmes. Elle est finalement déclarée inauthentique en 1936 par l'évêque de Périgueux, après une expertise linguistique des inscriptions présentes sur le tissu.


Le père Vincent Gallois est le curé de l'église, rattachée à la paroisse de Saint-Sernin. En l'état, le carillon n'est pas jouable à notre plus grand désolement.