Volée tournante mal électrifiée à Rodelle (12)

Voir aussi : Occitanet

Rottlier à Bossòst (Espagne)Il faut aussi savoir que le Lauragais est l'une des régions les plus ventées de France avec environ 300 jours de vent par an (comme à Leucate, dans l'Aude). De très nombreux moulins à vent y étaient présents. Le vent d'autan est d'ailleurs appelé « le vent qui rend fou »... A titre de comparaison, Narbonne compte 280 jours de vent, Perpignan : 265.

Statue de l'église Saint-Pierre-des-Chartreux

En catalan : roda d'escallins, rottle de campanetes, roda dels esquellins, rolitg désignent le rottlier (roue à clochettes). Hors service, on en trouve encore dans le Roussillon dans les églises d'Arles-sur-Tech, Mosset, Souanyas et Terrats, dans le Val d'Aran à Bossòst. Voir l'article de la SFC à cet égard.

Plus récemment, le barde catalan Jordi Barre (né en 1920) nous chantait : « A tot moment toquen hores. »

En français : le clochard était celui qui répondait, au Moyen Age, à l'appel de la cloche sonnée à la fin des marchés. Elle signifiait aux pauvres qu'ils étaient autorisés à venir glaner les invendus, les fruits plus très frais, les légumes flétris.

« Boire à tire-larigot. » La 2e cloche de Rouen, qu'on appelait la Rigault […] occasionnait beaucoup de peine aux sonneurs et pour réparer leurs forces épuisées, ils se rafraîchissaient largement : c'est ce qu'ils appelaient : boire à tire la Rigault. (Source : Les Cloches, Dom Baudot, 1912.)

Le mot tocsin vient de tocasenh, en langue romane (source Larousse, de toca, touche, et senh, cloche, qui donnera signe, signal), qui avait donné tocasenier en lieu et place de carillonneur.

Proverbe toulousain : « Il y a plus de pierre du pont à l'hôtel de Pierre, que de pierre au pont. » et ce, depuis 1613. En effet, l'architecte avait profité du bas niveau exceptionnel de la Garonne pour se fournir en matériau...

Extraits du dictionnaire languedocien-françois
Pierre-Augustin Boissier de Sauvages, 1785, orthographe d'époque
  • badé : sentinelle qu'on plaçoit au haut d'une tour, ou d'un clocher dans des temps de trouble, pour découvrir l'ennemi de loin et pour faire le tocan, ou sonner le tocsin
     
  • balan, ou bandoul : terme de sonneur : branle, volée ; Souna à balan : sonner à volée, sonner une volée. Trës cos à balan : trois volées. Bouta à balan : donner le branle à une cloche, la mettre en branle. Bouta âgu gran balan : sonner à toute volée, ou mettre toutes les cloches d'une sonnerie à volée
     
  • branda : branler, secouer. Las campânos an tout iuêi branda : on a fait brinbaler tout aujourd'hui les cloches.
     
  • brîco : tuile platte ; le plus souvent vernissée de différentes couleurs, avec quoi on couvre les dômes des tours, les fleches de clochers. Ce qui est différent, de ce qu'on entend en françois par la brique qui sert à bâtir et qui est en carreaux longs et épais de deux ou trois pouces.
     
  • clas, ou clars : son des cloches, tintement, et proprement sonnerie, volée de cloches, pour un convoi funèbre, pour un mort  (afin d'exciter la piété des Fideles à prier pour le repos de son ame) ; et non, clas, ni glas : expression de quelques Provinces où l'on dit, sonner le glas ; et non, indéterminément, sonner un glas. Souna dë clâssës : on sonne pour un mort. Dë câou sou aqëlës clâssës ? Pour qui sonne-t-on, ou pour quel mort sonne-t-on ? Vôlë lous gran clâssës : je veux la grande sonnerie, ou la sonnerie à volée. Li souneron lous pichos clâssës : il eut la petite sonnerie, on ne fit que tinter une ou deux cloches. An souna lou përmié clas : on a sonné le premier coup, on a fait la première volée, on a sonné deux, trois pauses, etc.
    L'expression glas est dans le Dictionnaire de l'Académie, comme bien d'autres termes de Province, qui ne sont pas plus usités à Paris que celui-ci. D'ailleurs le terme clas ne convient, même aux Provinces où l'on s'en sert, qu'au son d'une cloche qu'on tinte lorsqu'une personne vient d'expirer, et ne se dit que de cet instant, sonner le glas : et ne peut par conséquent rendre les différentes façons de parler languedociennes qu'on vient de voir, et auxquelles nous avons joint les expressions françoises généralement reçues.
    On donne pour étymologie du terme clas le lat. classicum ; son de la trompette. Ducange le définit, son de toutes les cloches d'une Église : et il paroît d'après les passages qu'il rapporte, que ce bruit n'est pas affecté à la sonnerie pour les morts. La vraie étymologie de clas est le grec, clazo, clango, clamo ; crier, appeler.

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  • campanëjhâ : brimbaler les cloches
     
  • campanié : un sonneur, un carillonneur. Les sonneurs imprudens s'exposent beaucoup en sonnant pour les orages, lorsqu'il attendent pour les écarter que la nue soit sur le clocher. Si le son des cloches fait fendre la nue, la foudre tombe sur le cloche et tue le sonneur. (NDLR : de la pénibilité du travail...)
     
  • campâno : une cloche. Elle est attachée au mouton par les anses qui tiennent au cerveau de la cloche. Lorsqu'en tirant le bras où tient la corde, on met la cloche en branle, le battant pendu à la bélière frappe sur les pinces. Le tourillon, ou l'essieu du mouton tourne dans les pouaillers, ou crapaudines de fonte, attachées au beffroi, ou charpente des cloches. Les abat-vents des ouïes d'un clocher empêchent le son de se perdre, etc.
     
  • clastrëjha : aller de clocher en clocher ; ce qui revient à castelëjha : cousiner (on le dit de ceux qui veulent éviter les auberges, vont dîner et coucher, sous prétexte de connoissance, tantôt chez l'un, tantôt chez un autre. Il faut un peu d'effronterie pour aller cousiner. Il n'y en avoit point autrefois, lorsque les hôtelleries étoient très rares, et que le droit d'hospitalité étoit établi presque par-tout.)
     
  • cloco : tintement, un coup de cloche
     
  • cloucha, ou ëskilla, ëskinla : sonner, tirer le cordon d'une sonnette, sonnette de porte, d'appartement
     
  • clouqa : tinter, faire sonner une cloche ; ensorte que le battant ne touche qu'un côté des pinces
     
  • drignoun : carrillon des cloches. Souna à drignoun : carrillonner. Les sonneurs ordinaires sont de mauvais carrillonneurs. Pour carrillonner, il faut brider les cloches, ou attacher le battant à une corde.
     
  • drin-dran : le brinbalement des cloches
     
  • ëncâstrë : beffroi, ou charpente qui porte les cloches d'un clocher
     
  • ënsoucomën : le mouton d'une cloche dont les anses sont engagées dans cette piece de bois appelée mouton
     
  • ëskillo, ou ëskinlo : clochette d'autel, clochette de bureau, sonnette à ressort attachée au mur d'une maison et qu'on tire avec un cordon ; les sonnettes des mulets, les clarines pendues au cou des vaches, du tudesque skella : clochette
     
  • ëskillou : clochette ; grelot ; petite fille, petit homme
     
  • ëspadâsso : grosse cloche
     
  • fënêstros dë clouché : les ouïes d'un clocher : elles doivent avoir des abat-vents, pour rabattre le son des cloches et mettre la charpente à l'abri de la pluie
     
  • fustié : charpentier qui travaille et assemble la charpente [...] des béfrois des clochers, etc.
     
  • granoûlio, ou margouliêiro : une crapaudine ; piece de fonte sur laquelle porte le tourillon, ou gros pivot d'une porte cochere, d'une roue de moulin et des arbres tournans de différentes machines. Le pouailler sur lequel porte le tourillon du fût, ou mouton d'une cloche.
     
  • mari, ou marri : égaré, perdu. Së mari : s'égarer. C'est ce qui arrive aux voyageurs dans les montagnes du Gevaudan et de Velai, lorsqu'il y tombe de la neige et que des vents contraires, l'agitent ; ils sont désorientés, ils ne savent quelle route tenir et risquent de périr dans la neige ; lorsqu'il sont quelquefois le plus près du gîte. C'est pour diriger leur chemin qu'on sonne les cloches pendant ces tempêtes, sur-tout à l'entrée de la nuit ; et c'est ce qu'on appelle, souna për lous maris ; sonner pour les égarés. En ital. smarrito.
     
  • matâblë, ou batal : le battant d'une cloche ; et non, batail. Il est suspendu au moyen d'une courroie à la béliere, ou à l'anneau qui est au haut en dedans de la cloche. Celui de la grosse cloche de N. D. de Paris pese, dit-on, 1300 livres.
     
  • râoufelëjha : râler, avoir le râle. On commence à râler, soit lorsque la poitrine s'emplit [...]. Avoir le son d'une cloche fêlée.
     
  • râoufelous : qui a le râle. Campâno râoufeloûzo : cloche fêlée, qui sonne creux.
     
  • rëpiqët : carillon des cloches. Qant aghêrou âouzi las campanos sonar al rëpiqët : quand on eut entendu les cloches carillonner (âouzi : entendre)
     
  • rëssountimën, ou rëssoun : le frémissement d'une cloche, le résonnement d'une voûte [...] C'est le son renvoyé. Aqëlo glêio n'a pa dë rëssoun : cette Église ne resonne pas.
     
  • rëvëliés : les réveilleurs de Toulouse, que les Capitouls établirent au nombre de quatre en 1518, à la persuasion d'un Prédicateur zelé pour la dévotion aux ames du purgatoire. Ces réveilleurs qui doivent marcher toutes les nuits dans les rues de Toulouse, depuis une heure jusqu'à cinq, sonnent une clochette et chantent à haute voix :
    Réveillez-vous gens qui dormés ;
    Priez Dieu pour les trépassés.
     
  • sântus : un grand coup sur la poitrine, ou ailleurs. S'ës bâila un rudë sântus contro la parë : il s'est donné un rude coup contre la muraille. Cette expression est tirée de l'usage où sont les bonnes gens de se frapper la poitrine au coup de la clochette qu'on donne au Sanctus de la Messe ; où il est question d'adorer ; et non, de se frapper la poitrine. (NDLR : de nos jours, ce geste se pratique pendant l'acte de contrition et l'Agnus, trois fois ; la clochette est sonnée pendant l'élévation à deux moments ; une ou plusieurs cloches pendant le Gloria, à Pâques et d'autres grandes fêtes selon les lieux)
    On dit aussi, ëspëras âou Sântus : attendez au bout pour dire Amén. L'ëspêrë âou sântus : voyons comment cette affaire finira pour lui, comment il s'en tirera, s'il en fera bon marchand.
     
  • souna, ou fa un cris : appeler ; et non, sonner, qui ne se dit que d'une cloche, ou d'une sonnette. Voy. Ëskinla.
    On dit, Vêpres sont sonnées, quatre heures sont sonnées ; et non, ont sonné. Et l'horloge a sonné dix heures ; et non, a frappé, etc.
     
  • sounadîsso : bruit importun, ou tintamarre des cloches
     
  • sounâdo : coup de cloche ; et non, sonnée. La prëmieiro sounâdo : le premier coup d'une Messe, d'un Convoi. An fa la dargneiro sounâdo : on a sonné, ou fait le dernier coup.
     
  • sounâlio : clochette de brebis qui leur pend au cou. L'Acad. dit aussi, sonnaille. Lous pastrës parlou dë sounâlios ; il souvient toujours à Robin de ses flûtes.
     
  • tin : le teint, le coloris du visage. Le son de l'argent, celui des cloches.
     
  • tinta, ou dinda : resonner, tinter. Un louis faux ou fêlé ne tinte pas. On tinte les cloches pour les messes basses.
     
  • tindal : sonnerie, coup de cloche. — N'âourën trës tindals : nous en parlerons, nous en dirons trois mots ensemble.
     
  • tin-tin : le tintement des cloches, le son d'une pièce de monnoie qu'on fait tinter. Les métaux qui tintent lorsqu'ils ne sont que fondus, perdent beaucoup de leur son lorsqu'ils sont battus à chaud ou à froid. (NDLR : de nos jours, une cloche qui a été usée à force d'être frappée, retrouve une meilleure résonance lorsqu'elle est rechargée aux points de frappe)
     
  • tôco sën, ou toca-sënt : un tocsin : ce qui est mot à mot, un frappement de cloche : du verbe, tôco ; frappe, et de sën ; dérivé du lat. signum ; cloche. En v. fr. toquer ; frapper, toucher.

Cet ouvrage rappelle une des nombreuses influences de notre langue sur le français : « Si l'on demande à une femme (languedocienne) : êtes-vous malade ? elle doit dire, ouï je le suis, et non : je la suis, ce pronom étant indéclinable [...]. Madame de Sévigné ne pouvoit digérer cette regle ; il lui sembloit, disoit-elle, que ce "je le suis" lui faisoit venir la barbe au menton. » Avis aux féministes... de tout poil ?