Clocher de Saint-Sernin Basilique Saint-Sernin
Veuillez cliquer sur les images pour les visualiser pleinement

Saint-Sernin et le cloître nord La première église fut commencée par saint Sylve à la fin du IVe siècle. Saint Exupère la termine et y transfère les reliques de saint Saturnin, puis plus tard celles de saint Papoul et saint Honesta (rencontré à Nîmes), disciples de saint Saturnin, et des saints évêques Honoré (évêque contesté), Hilaire et Sylve. Saint Exupère y est enterré.

Saint-Sernin et le cloître nord en couleur Charlemagne donne les corps de sainte Suzanne de Babylone, de sainte Ascicle et de sa sœur sainte Victoire, martyrs de Cordoue. Sous Charles le Chauve, les reliques du Quattuor Sancti Coronati Claude, Nicostrate, Symphorien, Castor et leur élève saint Simplice, sont apportées de Rome. Les croisés qui accompagnent en 1096 Raymond IV rapportent le corps de saint Barnabé, la tête de saint Bartholomé et peut-être du bois de la crèche, une pierre du Saint Sépulcre et un crucifix connnu sous le nom de crucifix du croisé.

En 1187, Guillaume Taillefer rapporte lui aussi de la croisade des reliques, dont la plus grande partie du corps de saint Georges. Louis VIII rapporte également les corps de saint Edmond, roi d'Angleterre, et saint Gilbert, fondateur des Gilbertines. Le peuple lui-même rapporte le corps de Raymond IV pour le préserver des Albigeois. Alphonse, frère de Louis IX, dernier comte de Toulouse, à son entrée dans la ville en 1251, dépose une épine de la Couronne du Christ (donnée à saint Louis par Baudoin II, empereur de Constantinople). A la Révolution, le corps de saint Thomas d'Aquin (donné aux Dominicains par Urbain V et déposé à Toulouse vers 1366) est translaté à Saint-Sernin, avant de retourner en 1974, en grandes pompes, aux Jacobins.


Vue aérienne de Saint-Sernin Vue de Saint-Sernin avec sa rose en 2007 Vue de Saint-Sernin de trois-quarts en 2007 Vue de Saint-Sernin avec la porte Miègeville restaurée en 2007 Côté est de Saint-Sernin

Reliquaire de saint Saturnin Statue de saint Sernin enlevée à la Révolution Vue du tombeau de saint Sernin Vue de la nef de la basilique Vue nocturne de la nef de la basilique

En 1082, le pape Grégoire VII soustrait l'abbaye à l'ordinaire du lieu (l'évêque réformateur Izarn) pour la soumettre directement au Siège apostolique. Urbain II consacre le 8 juillet 1096 la nouvelle église construite par saint Raymond. Dès 1100, une confraternité se forme avec douze superintendants et soixante-douze bayles-régents (gardiens), en mémoire des Apôtres et des Disciples. Calixte II consacre un autel dans lequel il place des reliques des saints Pierre et Paul, Simon et Jude. Urbain VIII accorde les mêmes indulgences à ceux qui visitent les sept autels de Saint-Sernin ou de Saint-Pierre-de-Rome.

Blason toulousain Le blason de la ville de Toulouse a intégré le projet jamais réalisé de la basilique Saint-Sernin avec ses trois clochers. On y voit également que la flèche est un ajout « moderne », au lieu d'un dôme avec trois croix.

Son clocher est le modèle de toute une région (l'Occitanie ou Languedoc, de l'Armagnac à la Provence), un véritable phare spirituel puis temporel, la « Tour Eiffel » toulousaine. Charpente dans le clocher Maintenant, pour monter au sommet , il ne faut gravir que 220 marches (fermé au public pour l'instant, limité à 6 personnes). En 1862, le peintre toulousain Léon Soulié les a gravies une dernière fois avant de se précipiter dans le vide...

Clavier

Nous y voilà. Voici le petit réduit abritant le grand et vieux clavier en bois de dix-huit notes.

Vue nocturne de la nef de la basilique

Sous ce réduit se trouvent trois petites cloches du XIXe siècle qui sonnaient les demi-heures dans l'église. Elles sont remplacées à la clef de la voûte par un nouvel éclairage qui surplombe l'autel. On peut voir depuis le chœur les trois trous qui laissaient passer le son.

Au-dessus se trouvent vingt et une cloches (dont une également muette).

Il y a donc au total vingt-quatre cloches dans le clocher (plus deux dans la basilique), issues des sept époques suivantes :

Interventions
date fondeur lieu pape remarque
1 XIVe
Latour ?     Mercédaire
Classée « Monument historique » le 09-11-1906
2 1675 P. Quenêtre
et Chaloi
  Clément X
roi Louis XIV
Sarnina
Classée « Monument historique » le 30-10-1914
3 1809 Viguier Toulouse   fondue en août pour Saint-Sernin
4 1823       unique vestige de l'horloge en service jusqu'en 1889
date de l'installation de l'horloge monumentale Lussault
5 1858 Louison Toulouse Pie IX dont des demoiselles de Louison
6 1869 Pèlegrin Toulouse   inscriptions en français, dédicaces
7 1893 Amans Lévêque Toulouse   gendre successeur de Louison

C'est donc l'un des rares carillons reliés à la fois à un clavier et à un jeu de cordes (depuis le banc du sonneur).

La Mercédaire

La doyenne des cloches de Saint-Sernin, classée « Monument historique », est aussi la doyenne des cloches toulousaines : elle date de la deuxième moitié du XIVe siècle (entre 1356 et 1397). Elle fut fondue pour le couvent des Pères de Notre-Dame de la Mercy de la Rédemption des Captifs qui se situait alors devant les portes de la villes, à l'extrêmité de l'actuelle place Arnaud-Bernard. (Il subsiste de nos jours la rue des Quêteurs, ou Carrièra dels Quistans de la Mercé en occitan.) On pense qu'elle fut déplacée dans notre clocher lors de la dernière destruction du monastère de la place Arnaud-Bernard au XIXe siècle.

Mercédaire Entendre la Mercédaire jouée à la corde mp3 - 7 s - 79 ko

Description

Alphabet campanaire Elle est de dimension modeste : 50 cm de hauteur pour 58 cm de diamètre, et donne un sol4.

L'inscription est constituée de la première partie de la salutation angélique :

+ AVE MARIA GRACIA PLENA DOM.

On remarquera le C employé à la place du T dans le mot Gracia, comme à Saint-Gaudens et à Baren (Haute-Garonne) et comme à Marsan (Gers). Cet usage était fréquent dans les manuscrits du Moyen âge ainsi que dans l'épigraphie campanaire (photo ci-contre).

Sous l'inscription se succèdent huit délicieux bas-reliefs représentant les principales scènes de la vie de Jésus enfant. Une étude minutieuse a été effectuée par M. Paul Barrau de Lorde de la Société archéologique du Midi, le 10 février 1942.

La Sarnine

La Sarnina (prononcer Sarnino), classée « Monument historique », a été refondue en 1675 en l'honneur de saint Saturnin, sous les règnes du Pape Clément X et du Louis XIV, Roi de France et de Navarre :

☞ PIETATI ◊ AC ◊ MEMORIÆ ◊ ANNO ◊ DNI ◊ M ◊ DC ◊ LXXV ◊ SEDENTE ◊ ROMÆ ◊ CLEMENTE ◊ X ◊ PONT ◊ MAX ◊ | REGNANTE ◊ LVDOVICO ◊ XIV ◊ FRANC ◊ ET ◊ NAVAR ◊ REGE ◊ SVMPTIBVS ◊ ABBATIS ◊ ET ◊ CAPITVLI ◊ RVPTA ◊ ET | ☞ REFECTA ◊ FVI ◊ ET IN ◊ HONOREM ◊ S ◊ SATVRNINI ◊ CONSECRATA ◊

P ◊ QVENESTRE ◊ ET ◊ CHALOI ◊ FEC ◊ 1675 (le mot CHALOI est martelé)

Sur les quatre faces, un médaillon circulaire, en forme de sceau, d'un diamètre de 15 cm porte, en très léger relief, le martyre de saint Saturnin et autour : XPS REGNAT XPS VINCIT XPS IMPERAT (lire Christus pour XPS). Ses anses sont ornées de têtes de taureau, allusion au martyre de I'apôtre de Toulouse. Elle est la seule rescapée de la sonnerie de six cloches existant à la Révolution.

Sarnina Entendre la Sarnina jouée à la corde mp3 - 5 s - 119 ko

Demoiselle de Louison

Les autres cloches sont l'œuvre des fondeurs toulousains du XIXe siècle, notamment les emblématiques demoiselles de Louison.

Era Hilho... Refrain de Era Hilho Dera Beuso joué au clavier
mp3 - 23 s - 233 ko
l'une des mélodies commingeoises écrites pour le carillon d'Aspet en Haute-Garonne
(1h en voiture au sud de Toulouse).

Logotype à Collioure (66)

L'Ave Maria de Lourdes

Ave Maria
Refrain de l'Ave Maria dit « de Lourdes » (sur une chanson bigourdane) à deux voix, joué au clavier
mp3 - 24 s - 244 ko

En 1858 ont lieu des apparitions de la Vierge Marie à Lourdes, reconnues officiellement en 1862.
Sans doute, la vieille chanson en patois Mous esclops (Mes sabots) est-elle devenue spontanément cet Ave Maria, auquel l'abbé vendéen Lambillotte rajoutera vers 1872 des couplets, sur une de ses mélodies précédemment composées et éditées en 1842.
En 1879 est éditée la première version publiée connue de cet Ave Maria dit de Lourdes.

C'est alors pour cette hymne mariale qu'est dimensionnée l'horloge monumentale fabriquée par Lussault en 1889 : le refrain de l'Ave Maria (à une seule voix, en sib majeur) est égrené progressivement tous les quarts d'heures, et repris en entier juste avant les coups de l'heure. Les 5 cloches utilisées pour cela datent de 1809 et 1858, et sont dédiées au Sacré-Cœur, à Grégoire le Grand, à la Vierge, à l'abbé Raymond, à Egide. Elles sont dotées chacune de deux marteaux à frappe lâchée.
Au fil du temps, cette sonnerie a subi plusieurs outrages : d'abord l'électrification de l'horloge a transposé la mélodie un ton plus haut en do majeur, prenant exemple sur son exécution au clavier manuel du clocher, qui transpose un do en si bémol. Ce faisant, le refrain rendu en do majeur était moins mélodieux : les notes extrêmes détonaient, puisque toutes les cloches ne sont pas accordées de façon homogène. Or celles utilisées à l'origine pour l'Ave Maria le sont, et convenaient parfaitement. Cette mélodie est restaurée dans le ton original en sib majeur depuis juillet 2016.

« De cette sorte la vieille tour fait monter vers le ciel, vingt-quatre fois par jour, en notes douces autant que justes et mélodieuses, la salutation de l'ange sous la forme d'un hommage à la Vierge Immaculée. C'est comme la prière perpétuelle de la paroisse. » (Semaine catholique, 1893)

Ave Maria à l'horloge - ton original en si bémol majeur et 2 coups d'heure en 2016 - mp3 - 24 s - 418 ko
Ave Maria à l'horloge - ton en do majeur et 2 coups d'heure en 2016 - mp3 - 26 s - 391 ko

Deuxième outrage, en juillet 2005, les quarts d'heure ont été réduits sur deux cloches, au lieu de sonner une partie de l'Ave Maria. Leur spécificité mariale est restaurée en avril 2016.

De même, pendant plus de cent ans à partir de 1893, l'horloge a sonné les quarts et les demies à l'intérieur de la basilique sur trois petites cloches situées sur le dôme au-dessus de l'autel, à la croisée des transepts : « ce qui est fort utile pour assurer la ponctualité des offices et aussi pour permettre aux fidèles de mesurer la durée de leurs prières privées. Cette sonnerie intérieure s'effectue sur des timbres discrets et d'un caractère qu'on pourrait appeler religieux. » (id.)

Horloge - Sonnerie des quarts à l'intérieur de la basilique en 1987 - mp3 - 2 s - 44 ko  

Horloge Lussault Mention dans le Supplément des frères Lussault L'ancien mécanisme d'horloge est encore là avec ses poids. C'est l'œuvre de M. Lussault en 1889, mentionnée comme suit en 1904 dans le Supplément dédié à MM.  les membres du clergé et des communautés religieuses de H. et G. Lussault, fils, horlogers-constructeurs, à Marçay, par Vivonne (Vienne) depuis 1870 :
Grande Horloge à Quarts. Roues premières de 0m50. Carillon sur 5 cloches. (Ave Maria de Lourdes) Heure sur cloche de 860 kilos. Construite en 1889.


L'angélus

L'Angélus de Millet, vers 1858

La sonnerie de l'angélus, cette prière du XIe siècle pratiquée en France depuis le XVe, a été immortalisée vers 1858 par le peintre Jean-François Millet dans un tableau éponyme.

Depuis son automatisation par Fourcade (de Tarbes) et jusqu'en 2005, l'angélus était sonné automatiquement à 8h, 12h et 18h, sur une chanson des Hautes-Pyrénées, implantée en l'absence du carillonneur d'alors, André Briols. Elle avait une vague ressemblance avec une des sonneries toulousaines traditionnelles : le Simple. Le choix des cloches s'était porté sur 3 fa sol la au lieu de sol3 si ré4 sol, mais les moteurs disponibles alors nous auraient imposé au mieux fa3 la do4 fa. Depuis 2005, l'angélus du soir est sonné à 19h (20h le dimanche), et son exécution est plus fidèle au Simple traditionnel. En 2016, on différencie à nouveau l'angélus du dimanche, comme le faisaient les carillonneurs : on emploie la grosse cloche pour plus de solennité.


Plan en coupe Plan en élévation Sud-Nord Plan en élévation Sud-Nord, détail

Abat-son démontés Eléments déposés
Mais tout n'a pas ce bel aspect et l'endroit a bien besoin d'un programme entier de restauration : les anciens abat-son sont utilisés comme volets ou passerelles, on ne compte plus les pièces de forge déposées et l'ensemble du lieu est le royaume du pigeon, avec pour conséquence la dégradation de la magnifique charpente.

Salissures de pigeon

Voici quelques illustrations et photos, montrant le chevet de la basilique en 1855, 1905 (après la restauration de Viollet-le-Duc) et de nos jours (après dé-restauration). On peut ainsi voir que l'on n'est pas vraiment revenu au chevet antérieur. Les deux dernières photos présentent l'escalier d'accès au clocher côté porte Miégeville.

Chevet en 1855 Chevet en 1905 Chevet de nos jours Escalier restauré par Viollet-le-Duc Escalier de nos jours

Porte Miégeville en 2006

Les pages décrivant la basilique Saint-Sernin :

En octobre 2010, à l'occasion de la 15e édition du festival Toulouse les Orgues (3e édition campanophile), la basilique a accueilli un carillon ambulant hollandais joué par Baudoin Zwart.

Le carillon ambulant de Baudoin Zwart et l'orgue Cavaillé-Coll Le carillon ambulant de Baudoin Zwart, la chaire et le baldaquin

Entrée de Saint-Sernin à l'allemande, massive

Le curé de la paroisse, et doyen du centre ville, est le Père Vincent Gallois.

Curés de l'Insigne Basilique Saint-Sernin
depuis le Concordat
M. Jean Mathieu 1802 † 1812
M. Dominique Mathieu 1812 † 1830
M. Pierre Carayon 1830 † 1849
M. Suberville 1849 † 1865
M. de Lartigues 1868 ? † 1871
M. Goux 1871 1877
Mgr Maurice Albouy 1877 † 1908
M. Daram 1908 † 1923
Mgr Clément Tournier 1923 † 1949
M. le chanoine Louis Gèze 1949 1967
M. le chanoine Joseph Barbaste 1967 1984 († 2001)
M. l'abbé François Jugla 1984 2002 († 2016)
M. Lizier de Bardies 2002 2009
M. l'abbé Vincent Gallois 2009