Avant son effondrement le 11 avril 1926 à 3h15 du matin, le clocher de la Dalbade renfermait vingt et une cloches,
le plus grand carillon de Toulouse. La flèche de ce clocher de 1551, démolie avec le dernier étage à la Révolution
et reconstruite en 1881, était à nouveau la plus haute de la ville.
Trois ans auparavant, en 1878, Gaston Virebent réalisait le tympan en céramique (ci-dessus),
en hommage au Couronnement de la Vierge de Fra Angelico.

Une photo sentimentale,
figurant mon grand-père
Jean Guiraud vers 1918 !
Le curé a été réveillé par un premier bruit comme un coup de canon, précédant l'énorme fracas de la chute du clocher à la verticale qui surprit mortellement le boulanger et la boulangère dans leur travail, ainsi que neuf blessés. Le carillonneur devait aller sonner l'angélus du matin ; plusieurs fois, il avait signalé des lézardes (il n'osait trop sonner les cloches) dont le curé avait informé l'architecte de la ville. Ce dernier se voulait rassurant, malgré des réserves déjà émises en 1898 par un de ses prédécesseurs, s'agissant la stabilité de ce clocher ancien récemment surélevé (en particulier, « quatre éléments »).
Après 101 marches, nous atteignons la base du clocher reformé partielleemnt, qui était bien autrefois l'ancien logement du sonneur-carillonneur (doté d'une cheminée !) heureusement inusité en 1926.
Une nouvelle façade sur le jardin, avec un nouveau clocher en son milieu, furent dessinés en 1932 par l'architecte Montariol, plus classiques qu'un projet de Beauclair en 1926. Seule la construction de ce clocher a démarré en 1935, rapidement abandonnée du fait du décalage de style malgré tout, pour finir par une démolition en 1968.
Aujourd'hui, il reste treize cloches, dont sept déposées.
L'effondrement soudain du clocher de La Dalbade s'inscrit dans une lignée d'effondrements et dommages sur les clochers toulousains :
Avant 2022 : 

Jusqu'en 2022, la majorité des cloches étaient déposées dans les premières salles du clocher, sous la chambre actuelle des cloches au 4e étage. Depuis, après expertise, 2 cloches ont été réaffectées dans une autre église, 5 sont maintenant suspendues au 4e étage à un portique.

| I | Note | Date | Remarques |
|---|---|---|---|
| 1 | do#3 | 1826 | 2 500 kg, 2e plus grosse cloche de Toulouse A LA GLOIRE DE DIEU. L'AN DE J.-C. 1826, CURÉ JEAN-MAURICE MATHIEU, MARIE DE LA DALBADE A ÉTÉ BÉNITE PAR ANNE-ANTOINE-JULES DE CLERMONT-TONNERRE, CARDINAL, ARCHEVÊQUE DE TOULOUSE. PARRAIN ISIDORE BARON DE MONTBEL, MAIRE DE TOULOUSE. MARRAINE ANGÉLIQUE D'HAUTPOUL, COMTESSE DE PALARIN. bas : B. VIGUIER, FC ø 1,48 m Guillaume-Isidore, Baron de Montbel, fut maire de Toulouse du 11 janvier 1826 au 7 août 1829. En 1838 à Lardenne, Catherine Rosalie de Montbel est portée sur la grosse cloche. |
| 2 | la3 | 1758 | cerveau : + NISI HABEAM CHARITATEM FACTUS SUM VELUT ÆS SONANS AUT CIMBALUM TINIENS.
IAY ETE FONDUE L'AN 1758. panse : IAY ETE BENITE PAR MGR MICHEL DE VERTHAMO[N]T EVEQUE ET SGR DE MONTAUBAN ME IEAN-BAPTISTE SAVY ARCHIPRETRE. plus bas : + MRS ME FRANCOIS BORDES DOCTEUR ES DROITS ET ADT EN PARLEMENT RAYMOND SAVY PIERRE BO[L]PILLERES ET IEAN ROUSSEAU ETANT CONSULS. La Fonderie ø 0,95 m, cloche sonnant les heures, vient de Beaumont-de-Lomagne (ISMH 9-6-2020) |
| (7) | la#3 | 1805 | QUE LE NOM DU SEIGNEUR SOIT BENI TOUS LES SAINTS ET LES SAINTES PRIEZ POUR NOUS bas : ...BERTA ET LECOURT TOULOUSE L'AN 13 [et à la fin d'une inscription gravée : 1806] La Dominicale. |
| (11) | la#3 | 1925 | Maria Dealbata, Suzanne. Darricau à plateau. |
| 3 | do#4 | 1868 | Henriette. AVE MARIA GRATIA PLENA DOMINUS TECUM ANNO J.-C. 1868 |
| 4 | ré4 | 1867 | A Marie. Pèlegrin |
| 5 | ré#4 | 1869 | A Marie. Pèlegrin |
| (10) | mi4 | 1868 | Elisabeth. Pèlegrin |
| 6 | fa4 | 1834 | ☞ NATIONS VENEZ... / ...PRES DU SEIGNEUR / ...DE J.C. 1834 VIGUIER... |
| (13) | sol4 | 1868 | Bernardine. ☞ LAUDETUR JESUS CHRISTUS ANNO J-C 1868 |
| (12) | si4 | 1868 | Céline. Pèlegrin (la plus petite) |
| mi4 ? | ☞ SIT NOMEN DOMINI BENEDICTUM (déplacée) | ||
| la4 | 1868 | JESUS MARIE JOSEPH L'AN DE J-C 1868 (déplacée) | |
| 14 | 17 (sacristie) |
Nous conservons une description précise des neuf cloches installées en 1868, dont il reste aujourd'hui quatre représentantes (en gras), présentée dans le tableau ci-dessous.
| Note(*) | Poids (kg) | Parrain | Marraine |
|---|---|---|---|
| do#4 | 211 | M. le marquis Isidore d'Olive | Mlle Henriette Maguès |
| mi4 | 131 | M. Antoine de Pratviel | Mlle Elisabeth Magnes |
| sol4 | 73,3 | M. Théophane Boquet | Mme Bernardine Boquet (son épouse) |
| sol#4 | 62 | M. Jacques Castagné | Mlle Georgette Guyot |
| la4 | 54,7 | M. Gaston de Goudin | Mlle Marie Belot |
| la#4 | 43,8 | M. Alexandre Favier | Mlle Adèle Favier |
| si4 | 37,6 | M. Joseph de Gélis | Mlle Céline Serville |
| do#5 | 26 | M. Joseph d'Etrexy | Mlle Blanche de Falguières |
| ré5 | 26,6 | M. Joseph Bressolles | Mlle Marie Jouglar |
Note : les tons des cloches sont donnés séparément et au début de l'annonce
par la Semaine catholique du 6-12-1868. Pour le tableau, on fait référence aux cloches
de « la première » à « la neuvième ».
La première colonne a donc été attribuée en suivant l'ordre cardinal, il se
peut qu'elle ne corresponde pas exactement aux autres colonnes.
La paroisse est maintenant rattachée à la cathédrale. Il n'y a donc plus que la base fortifiée du clocher et plus de carillon. Peut-être envisagera-t-on un jour le renouveau du carillon, voire celui du clocher ?